Journal de Didier BRETIN

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Le mal chez Tolkien

Je suis en train de revoir les trois films fait par Peter Jackson sur l'adaptation du livre de Tolkien le seigneur des anneaux. Et en regardant le premier épisode, je me suis fait la remarque suivante au sujet de l'incarnation du mal. Tolkien semble n'utiliser que des bêtes immondes, sans cervelle, qui ne pense qu'à tuer les autres espèces et à dominer le monde. En effet lors de la réunion de la communauté de l'anneau à Rivendell, toutes les espèces pensantes de la Terre du Milieu sont représentées (sauf les Ents). Les autres espèces orques, gobelins, etc, sont toutes en rapport avec Sauron, avec le mal. Or j'ai l'impression que ces races là ne sont pas très intelligentes : en effet, vouloir tuer son ennemi pour terrasser le monde, certes, mais bon que fait-on après ? J'ai vraiment du mal à penser que le mal existe simplement pour exister. Tout espèce pensante ressemblant de près ou de loin à un humain et donc ayant un cerveau pour penser, avoir des envies, se projetter dans l'avenir, ne peut pas simplement, uniquement, vouloir détruire son ennemi un point c'est tout.

J'ai l'impression que l'incarnation du mal imaginé par Tolkien n'existe ici que pour créer la problématique de l'histoire et qu'elle reste quelque chose à surpasser, à vaincre, pour pouvoir continuer à vivre. On ne peut pas penser que le mal peut gagner. En ce sens la fin est inéluctablement prévisible au fur et à mesure de la lecture du récit.

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Commentaires

1. Le 24/02/2005 à 15:06, par Demie Lune

Coucou Didier,

je viens de lire "Le mal chez Tolkien". Je suis entièrement d'accord sur ta vision "que le mal existe simplement pour exister". Pour moi, rien n'existe sans sa justification.

Le Seigneur des Anneaux représente pour l'auteur, la métaphore de son expérience à la seconde guerre mondial. Il était linguiste avant tout. Il est dit que le personnage le plus près de lui, est Faramir... et Boromir représente réellement son frère, qu'il a perdu à la guerre (ainsi que plusieurs amis). Dans sa vision, l'armé de Sauron incarne les nazis et leurs alliers. Si je ne me trompe pas, le Gondor sont les français (qui furent assiégés), le Rohan sont les américains (qui sont arrivés à dernière minute pour aider), les hobbits, les anglais volontaires... Je ne sais plus pour les elfes et les nains, mais le tout exprimaient tout de même tous les pays touchés par la conquête du nazisme.

L'anneau pour sa part, est le symbole de la technologie, la machine.

2. Le 24/02/2005 à 15:08, par Polgara

Tu t'es demandé si les espèces de tolkien qui se ralient au mal ne sont pas simplement gouvernées par leur 'ça'. Cela expliquerait leur besoin d'assouvir une pulsion meurtière sans pour autant avoir une idée derrière la tête en ce qui concerne le futur.

3. Le 24/02/2005 à 15:09, par Elkar

Salut Didier.

Le Balrog ne semble pas vouloir detruire le monde, ni etre a la solde de Sauron. D ailleurs, les gobelins qui peuplent la Moria en ont peur, ils ne suivent pas les memes objectifs.

Les orcs, anciens elfes tortures jusqu a etre denatures, n ont pas d autre objectif que de servir Saroumane (ou au moins ceux crees par lui), or celui-ci leur promet une nouvelle ere ou hommes et elfes ne domineront plus. Ce n est pas la destruction du monde, mais un renversement des roles qui est vise.

C'est vrai que dans les livres et les films, on ne sent pas bien pourquoi le mal a un autre but que le bien, ni quel est precisement ce but.

D ailleurs, on n a de definition de ce qu est le bien et le mal qu a travers ce que vivent les heros.

Dans le Silmarillon, on apprend que Sauron est un serviteur de Melkor, le valar a l origine de la dissidence dans le chant d Illuvatar (le dieu createur de l univers). Melkor a voulu, par vanite, ajouter une note personnelle dans la creation du Melkor a voulu, par vanite, ajouter une note personnelle dans la creation du monde, et par escalade en est venu a devenir le mal (a creer le mal, donc il est a l origine de la distinction entre le bien et le mal, a la separation des valar en 2 camps).

Le but du mal est de renverser le pouvoir etabli par le bien et de prendre sa place (que le chant d Illuvatar soit oriente vers la variante des valars dissidents)

En ce sens, savoir si le camp du mal est mauvais ou pas n est qu une question de point de vue (harmonie avec Illuvatar ou disarmonie). On pourrait aussi discuter sur les methodes employees, mais je doute que les hommes aient toujours ete bienveillants avec les orcs.

bon, la, c est un survol ultra rapide, faudrait lire le Silmarillon (assez indigeste, perso j ai pas pu aller jusqu au bout), mais ca donne l explication du but du mal qui manque dans les films.

4. Le 19/06/2005 à 10:49, par HP

est il besoin de rappeler que J.R.R Tolkien n'est pas seulement l'auteur du Seigneur des Anneaux (et de Bilbo le Hobbit), et que de nombreux autres ouvrages (inachevés pour la plupart) forment une cosmogonie relativement complexe et riche un peu à l'instar de ce que l'on trouve chez Lovecraft (imbriquement), la lecture du Silmarillion apporte une dimension bien plus complexe à tout çà !

5. Le 24/06/2005 à 17:36, par Guillaume

Joli tissus d'aneries que celui ecrit par Demie-Lune. Tolkien n'a pas fait la seconde guerre mondiale, mais la premiere. Son jeune frere Hilary n'y est pas mort, mais trois de ses plus proches amis y ont disparus.
Quant au reste, j'aimerais bien savoir ou il a peche ca. Qu'il fasse une interpretation, meme completement erronneem libre a lui, mais qu'il pretende qu'il s'agit de la "vision" de Tolkien qui a refute cette interpretation capillo-tractee dans de nombreux ecrits, notamment dans les "Letters".

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